Last ride

C’était le 13 juin 2020, à 6 h00 du matin le ciel était déjà bleu et la température frôlait les 18 degrés.

On était sous confinement TOTAL depuis 52 jours mais la pandémie continuait à décimer mondialement les populations, la pénurie était globale, le rationnement drastique et la fin à venir catastrophique.

Alors je me suis levé, j’ai embrassé doucement les miens puis j’ai sortir ma Harley en la poussant sur 300 mètres.

J’ai mis le contact, le moteur a un peu hésité après ses longs mois au repos mais tout d’un coup le formidable rugissement venu de milwaukee a surgit. Un grondement presque animal, un tremblement de la moto qui se propageait dans tout mon corps. J’ai passé la première et je suis parti doucement vers ma liberté.

J’avais passé le mot à quelques à quelques bros pour ce Last Ride avec des points de rassemblement. Une fois rendu sur les routes secondaires j’ai poussé les rapports, enchaîné les virages, me suis laissé enivrer de l’odeur, du bruit, du vent, des vibrations.

Bientôt on s’est retrouvé une bonne douzaine, juste un signe de la main, un hochement de tête et la meute continuait  en direction de la mer. On s’est arrêté après avoir déjoué plusieurs barrages et on a refait les pleins avec des jerrycans qui étaient nos seuls bagages.

On s’est tous fait l’accolade avec de la brume dans les yeux, certains ont sorti du jack, des cigares mais on parlait peu, juste des sourires sur nos visages hirsutes, juste cette putain de vibration qui nous unissait encore pour ce last ride.

On a senti le bon moment pour repartir, il nous restait encore un peu plus de 100 kilomètres pour atteindre la mer.

On roulait à 5 de front prenant toute la route et le mot était passé, les hélicoptères nous survolaient, les gens sortaient de leur maison, ils applaudissaient, ils pleuraient et nous on continuait plein d’énergie et de fureur.

A moins de 5 kilomètres de la mer, qu’on apercevait au loin, on a vu au loin un énorme barrage. On s’est arrêté, on a pris le temps de descendre de nos bécanes, de tous s’embrasser. On entendait au loin hurler leurs mégaphones et les hélicoptères tournaient autour de nous comme des abeilles affolées.

J’ai ajusté mes gants, mes lunettes, regardé mes potes une dernière fois et j’ai réussi le premier et dernier run de ma vie pour me projeter vers ma liberté.

Je souriais quand ils ont levé leurs armes et que j’ai passé la sixième vitesse pour le septième ciel….

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