De l’analyse sociologique et anthropologique du motard



J’aurai bien voulu écrire une thèse sur le sujet mais je vais me contenter d’un billet suite à quelques réflexions et expériences sans aucune validation ni formation scientifique ou ethnologique que mon état de bipède plus ou moins social.

J’ai eu le permis moto très jeune et arrêté de rouler pour raisons familiales durant des dizaines d’années Quand je suis revenu à cet amour ce fut comme un beau cliché, celui du biker de 40 ans passé qui devient amoureux du mythe Harley-Davidson.

J’ai alors commencé mon expérience de l’étude des différentes tribus qui composent la galaxie motarde. Alors oui j’étais motard mais pas seulement, j’étais un biker ! Bon être un faux biker c’est simple il suffit de s’acheter une Harley, Indian ou..euh non on se limite là et déjà c’est trop pour certains ! Un look, des patch, une tribu et la faculté de se prendre pour un pilote, un outlaw pouvant effrayer les foules par sa violence dès qu’on a bu deux bières.

Alors j’ai connu avec plaisir les transhumances chères aux HOG et aux bikers, celle d’une destination plus ou moins lointaine qui se termine dans un endroit bien délimité pour accueillir des centaines voir des milliers de bikers avec de la musique, de la bière, bouffe, des marchands du temple et attractions habituelles

Le biker peut alors comme le pèlerin égrené toute l’année les événements répertoriés et même millésimés ! Sur place il profite de revoir tous ses amis, partager sa passion autour de boissons plus ou moins alcoolisées et puis rentrer ensuite en ordre plus ou moins dispersé chez lui en attendant la prochaine heureux et repu


Ces événements se reproduisent à l’infini au niveau des clubs, des régions mais remarquons que ces dernières années de nouveaux événements ont compris l’évolution du bipède motorisé sur deux roues avec un moteur rageur et rugueux. Il faut dire que prendre l’autoroute pour pouvoir rejoindre le lieu de transhumance rapidement et ne pas rater les concerts, show et autres animations laissait tout de même peu de place à la découverte de LA route.

Alors les Aces, les wheels & waves et autres ont déboulé, plus branchés avec leurs influenceurs et surtout permettant sur place de belles balades au lieu de rester parqué et ça marche ! Comme quoi l’instinct du biker reste la route et rendons à Boulie grâce de son adage « Le ride c’est la source »

Justement ceux qui me fascinent depuis quelques années après avoir goûte jusqu’à satiété des deux premiers c’est les bikers qui prennent la route. Bikers ou trailers car très vite quand on parle d’aventure, de chevauchées lointaines on pense à ces bécanes faites pour rouler partout et de tout temps.

Alors bien sûr il y a eu des Eric Lobo pour emmener des Harley au bout du monde mais pour combien de Jean-Marc Mouvet Laurent Cochet qui parcourent l’Europe ou l’Afrique comme moi l’Ile de France sur des motos plus adaptées ?

Attention la moto ne fait ni le biker ni le baroudeur et si tu entends de voix dans ton casque sans intercom tu vires en mode M. Pirsig, Zen mais totalement barré !

Le biker, motard d’habitude grégaire quitte alors sa tribu dans des voyages initiatiques souvent seul ou à deux mais jamais en groupe. Est-ce l’âge qui nous conduit à cette évolution de l’espèce ? Bien non car de jeunes femmes s’envolent sur des destriers mal embouchés sans peur et plein d’allant vers la Sibérie ou la Russie et des vieux bikers limitent leur trip aux portes ouvertes de leur concession.

Mon idole !

C’est certainement un appel du large très personnel que l’on ressent, un besoin de rouler sans s’arrêter en enchaînant kilomètres, rencontres et paysages qui a certainement été exacerbé avec cette pandémie.

L’homo erectus (rien de cochon bande d’obsédés !) a donc troqué son street bob pour une harley mutante, alors bien sur le poireau biker ne deviendra pas un aventurier sur un trail même Haley mais au moins il partira plus souvent vers de vrais trips sans se soucier de l’heure de l’apéro du rassemblement et du menu du dimanche.

Maintenant c’est le plaisir qui devrait guider nos choix pas nos convenances ni les règles édictées ou inconscientes de notre tribu de choix. Etre heureux sur sa moto en avalant de la borne ou en passant plus de temps à déconner avec ses potes qu’à rouler ? Reconnaissons que la moto est bien plus qu’un moyen de se rendre d’un point A à un point B sauf pour les gladiators en hypersport.

D’ailleurs rare est le motard binaire ( merde sommes-nous des transmotards ?) dans ses choix et il alternera les bons moments seuls ou partagés comme on apprécie le rhum ET la bière 😉

La moto élève nos âmes dans la rencontre de l’autre comme disait Jésus en accueillant les bikers au Paradis

Une réflexion sur « De l’analyse sociologique et anthropologique du motard »

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